
2026, l'année du zine
On a annoncé cent fois la mort du papier. Le papier, lui, fabrique des objets qu'on garde.
Le zine connaît une résurgence structurelle, portée par la fatigue numérique et le ras-le-bol des visuels générés par IA. Au Japon, le marché de l'auto-édition approche les cent cinquante milliards de yens, presque le double d'il y a quatre ans. Les foires de zines affichent complet, de Vienne à Madrid. Une essayiste a même déclaré 2026 année du zine.
Le fanzine n'existe pas pour faire de l'argent. Il existe pour partager des idées et tenir une communauté. C'est exactement ce qu'on entend par les nôtres.
L'imperfection comme signature
Même mouvement côté impression. La risographie revient pour son grain, ses légers défauts de repérage, sa texture d'encre, tout ce qui échappe à la perfection lisse d'une machine. La sérigraphie d'art tourne à plein en France, en atelier ouvert. L'accident devient la preuve qu'une main est passée là.
C'est notre terrain : brut mais tenu. Le cendre, le goudron, la rouille en accent. Un fanzine, ce n'est pas nostalgique. C'est juste plus difficile à jeter qu'un onglet.
